Les déclarations de Pierre-Emerick Aubameyang viennent raviver une question que le football gabonais semble avoir soigneusement mise de côté : qu’est-ce qui n’a réellement pas fonctionné au sein des Panthères ?

Invité de l’émission Talent d’Afrique sur Canal+, l’attaquant gabonais est revenu sur les événements ayant suivi la CAN 2025 au Maroc.
Aubameyang évoque une période vécue comme une humiliation, rappelant notamment avoir participé à la compétition alors qu’il était blessé. Des propos qui interpellent, alors que son avenir avec la sélection reste encore incertain.
Mais au-delà du cas Aubameyang, c’est toute la gestion de l’équipe nationale qui mérite aujourd’hui d’être questionnée.

La dissolution des Panthères : pour quelle véritable raison ?
La dissolution de l’équipe nationale avait été présentée comme une réponse à une situation devenue problématique. Mais une question demeure : après avoir dissous les Panthères, y a-t-il réellement eu une réunion de fond pour identifier les causes profondes du mal ?
Quelles étaient les responsabilités des dirigeants ? Qu’est-ce qui n’allait pas dans la gestion de la sélection ? Les joueurs étaient-ils les seuls responsables ?
La Fédération ? La tutelle ? L’encadrement technique ? L’organisation des stages et des déplacements ?
Et surtout, quelles mesures concrètes ont été prises pour que les mêmes problèmes ne se reproduisent plus ?
Car lorsqu’on constate un problème, la dissolution ou la sanction ne peut être qu’une première étape. Il faut ensuite diagnostiquer, comprendre et apporter des solutions.
Or, après la CAN au Maroc, le sentiment qui domine est celui d’un retour à la case départ.
L’éternel recommencement

Aujourd’hui, le débat sur les raisons qui avaient conduit à la dissolution semble presque oublié. On repart, on reconstruit, on nomme, on convoque… mais sans véritable autopsie du mal qui ronge notre football.
Et c’est peut-être là le véritable problème.
Le Gabon semble enfermé dans un cycle : une crise éclate, des décisions sont prises dans l’urgence, puis le temps passe et les véritables questions finissent par disparaître.
Qui est responsable ? Qui doit rendre des comptes ? Quelles erreurs ont été commises ? Que faut-il changer ?
Ces questions restent essentielles.
L’amateurisme, l’improvisation et le manque de courage
Le football gabonais souffre encore de plusieurs maux : l’amateurisme, l’improvisation et surtout le manque de courage pour pointer du doigt les véritables responsabilités.
Car réformer une équipe nationale ne consiste pas uniquement à changer des hommes ou à dissoudre une sélection. Il faut avoir le courage de regarder là où ça fait mal.
Les propos d’Aubameyang devraient donc être l’occasion d’ouvrir un véritable débat national sur la gestion des Panthères.
À quelques jours du début des éliminatoires de la CAN 2027, le Gabon peut-il encore se permettre de fonctionner dans l’urgence ?
Avons-nous réellement tiré les leçons de la dernière crise ?
Ou sommes-nous simplement en train de reconstruire les Panthères avec les mêmes méthodes, les mêmes habitudes et les mêmes insuffisances ?
Le problème n’est peut-être plus seulement de savoir si Aubameyang va continuer avec les Panthères.
Le véritable enjeu est de savoir si le football gabonais est enfin prêt à faire sa propre autopsie… avant qu’une nouvelle crise ne l’y oblige.

