Après une participation jugée catastrophique à la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, le Gabon s’apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire footballistique avec la nomination d’un nouveau staff technique à la tête des Panthères. Mais une question essentielle se pose : avec quel objectif réel ?


Ils sont près de 605 candidats à avoir manifesté leur intérêt pour le poste de sélectionneur national. Un chiffre impressionnant, qui témoigne à la fois du prestige intact des Panthères du Gabon, mais aussi de l’urgence pour les instances dirigeantes de faire un choix structurant, non seulement pour l’équipe nationale, mais surtout pour l’avenir d’un football gabonais plongé dans une crise profonde.

Le choix à venir donnera le ton de la vision que le Gabon souhaite adopter. Car nommer un sélectionneur ne se résume plus aujourd’hui à recruter un simple entraîneur chargé d’aligner une liste de joueurs et de diriger quelques matchs internationaux.
Un sélectionneur est certes l’entraîneur principal et l’autorité technique suprême de l’équipe nationale. Mais dans le contexte actuel du football gabonais, cela ne suffit plus.
Le Gabon a besoin d’un homme de projet, doté d’une vision globale, capable de comprendre les défis structurels du football national. Un technicien, oui, mais surtout un manager, capable d’agir au-delà du rectangle vert.

À l’image de ce qu’avait réussi Alain Giresse par le passé, en ouvrant les portes de clubs européens à des joueurs comme Poko, Écuélé Manga et bien d’autres, le Gabon a aujourd’hui besoin d’un entraîneur disposant d’un réseau solide, d’un carnet d’adresses capable de redonner de la visibilité aux talents gabonais sur la scène internationale.
Le pays n’a plus besoin d’un sélectionneur qui se contente de venir lors des fenêtres FIFA pour faire de la sélection. Il a besoin d’un manager impliqué, engagé dans une nouvelle politique de développement, capable de contribuer à changer l’image du football gabonais.
Cela passe par une présence régulière sur le terrain local :
- suivre les petites catégories,
- assister aux matchs du National Foot,
- parcourir l’arrière-pays pour détecter des talents oubliés,
- travailler en étroite collaboration avec les formateurs et les clubs.

Aujourd’hui, l’essentiel n’est donc plus simplement de choisir un entraîneur, mais de nommer un manager à large vision, capable de bâtir un projet à moyen et long terme, au service des Panthères et du football gabonais dans son ensemble.
Le futur des Panthères se joue maintenant. Et le choix qui sera fait dira clairement si le Gabon veut simplement colmater les brèches… ou enfin reconstruire sur des bases solides.
