Embourbée dans une crise depuis plusieurs années, l’Union Sportive de Bitam (USB), jadis fierté du football gabonais et du Woleu-Ntem, traverse aujourd’hui une période trouble marquée par des divisions internes et une série de communiqués contradictoires sur la direction du club.


La rédaction de Lesportif s’est rapprochée de Tryphen Ndong Eyi, fils de Bitam, conseiller en communication et marketing de l’équipe masculine, pour faire le point sur la situation.
Lesportif : Après une saison catastrophique, quels enseignements tirez-vous ?
Tryphen Ndong Eyi :
Les enseignements sont nombreux. Le mode de fonctionnement actuel du club n’est plus adapté aux standards modernes. L’USB est plombée par un modèle économique devenu obsolète. Un club comme le nôtre ne peut plus dépendre uniquement de la subvention de l’État. Cet accompagnement devrait venir en complément du budget du club, mais combien de clubs au Gabon disposent réellement d’un budget de fonctionnement ? C’est tout le problème.

Lesportif : Quelles sont les perspectives pour la nouvelle saison ?
Avec l’arrivée en milieu de saison dernière du nouveau président actif, Bendo Edo Billy, l’organisation a commencé à évoluer. Certains manquements ont été comblés pour maintenir le club à flot.
Pour la nouvelle saison, notre objectif est clair : ramener l’Union Sportive de Bitam au sommet du championnat national.
Cela passe par un management rigoureux, une gestion saine et transparente des ressources, et surtout une implication de tous les fils et filles du département du Ntem.
Lesportif : Qui est aujourd’hui le président de l’USB ?
Le président actif de l’Union Sportive de Bitam est Bendo Edo Billy.

Lesportif : Quelle est la position du président du comité de surveillance ?
Lors de la première partie de la saison passée, le club était en grande difficulté malgré la subvention reçue.
C’est dans ce contexte que M. Bendo Edo est arrivé, non pas pour une mission ponctuelle, mais avec un projet à long terme, matérialisé par un contrat de quatre ans signé avec le président du conseil de surveillance.
Lesportif : Qui peut ramener la sérénité au sein du club ?
Seul le bon sens peut ramener la sérénité. L’USB n’a pas besoin de personnes qui viennent se servir, mais de personnes prêtes à servir le club.

Lesportif : On parle de mauvaise gestion. Quel est le vrai problème ?
Depuis le départ du président Ndemezo Magloire, la mauvaise gestion gangrène le club.
La gestion des subventions est restée opaque, et les différents comités exécutifs (Comex) n’ont souvent existé que de nom. En réalité, un petit cercle d’individus gérait tout le club.
Lesportif : Plusieurs Bitamois souhaitent aider le club, mais parlent d’un clan familial. Qu’en pensez-vous ?

Lorsqu’une personne aide le club, elle souhaite avant tout la transparence dans l’utilisation des fonds.
Beaucoup de Bitamois ont cessé de contribuer à cause de cette opacité, entretenue par un petit groupe.
Mais avec le nouveau président actif, Bendo Edo, la transparence et la publication d’un bilan à chaque saison seront au cœur du projet de relance.
