Ce mardi, le stade de Franceville accueille un match capital entre le Gabon et le Burundi, comptant pour la 10e et dernière journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026 (zone Afrique).

Ce rendez-vous représente la dernière sortie des Panthères avant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 au Maroc, et potentiellement les barrages intercontinentaux, en cas de deuxième place dans le groupe F.

Mais un constat amer s’impose : l’enthousiasme populaire semble en berne. Le stade pourrait ne pas faire le plein, malgré l’enjeu. Pourquoi ce manque d’engouement ? Quelles failles dans la stratégie d’organisation ont conduit à cette situation ? Analyse.
L’importance de la communication dans l’organisation d’un match
L’organisation d’un match de football ne s’arrête pas à la pelouse ou aux vestiaires. La communication joue un rôle central, voire décisif, pour mobiliser les populations et remplir les tribunes, véritables poumons d’un match réussi. Voici les leviers souvent négligés :
1. Créer l’adhésion autour de l’équipe
Avant même le coup d’envoi, il faut bâtir un élan patriotique. Les supporters doivent ressentir l’importance du moment, se sentir concernés par le destin de l’équipe. Cela passe par :
- Des campagnes qui racontent l’enjeu (qualification, fierté nationale) ;
- Des portraits des joueurs et du staff pour créer un lien humain ;
- Une mise en avant de l’histoire et des objectifs des Panthères.

2. Informer efficacement
Un public mal informé est un public absent. Il faut :
- Communiquer à temps la date, l’heure et le lieu du match ;
- Donner des infos pratiques : prix des billets, accès, sécurité ;
- Utiliser divers canaux : réseaux sociaux, radios locales, affiches, télévision, SMS communautaires, etc.
3. Créer de l’émotion et de l’envie
L’émotion est le moteur du football. Il faut faire rêver :
- Partager des vidéos de motivation, extraits de précédents exploits ;
- Mettre en lumière les figures phares comme Aubameyang, Bouanga ;
- Créer une ambiance festive autour du match : fan zones, animations, jeux concours.
4. Travailler avec les influenceurs et leaders locaux

Aujourd’hui, les influenceurs, artistes, anciens joueurs ou chefs communautaires sont des relais puissants :
- Ils amplifient les messages sur leurs réseaux ;
- Ils créent un engouement local dans les quartiers et villages ;
- Ils peuvent organiser ou animer des événements d’avant-match.
5. Mobiliser les institutions et médias
Un message fort et coordonné entre la fédération, le ministère des Sports, les collectivités locales et les médias nationaux donne du poids à l’événement. Cela rassure, crédibilise et mobilise.
Pourquoi le public pourrait ne pas répondre présent ?
Malgré l’enjeu, plusieurs facteurs freinent l’affluence :
- Un manque de communication claire en amont ;
- Un adversaire perçu comme faible (le Burundi), qui attire peu les foules ;
- Un match en semaine, alors que le lendemain est un jour ouvrable ;
Un signal d’alerte pour les organisateurs

Il est temps que les organisateurs intègrent la communication comme un axe stratégique majeur dans l’organisation de chaque match. L’introduction d’influenceurs autour des matchs est une initiative intéressante, mais encore faut-il clarifier leur rôle et les encadrer, pour éviter toute confusion avec les journalistes.
Ce match Gabon vs Burundi devrait être une célébration du football national, un rendez-vous marquant avant la CAN. Le public gabonais mérite d’être mobilisé à la hauteur de l’enjeu. Il reste aux autorités sportives à tirer les leçons de cette mobilisation timide pour éviter de reproduire les mêmes erreurs à l’avenir.
