Depuis la mise en place de l’Association des clubs de D1 et de D2, une réalité saute de plus en plus aux yeux les présidents des clubs gabonais peinent à parler d’une seule voix.


Pourtant, l’objectif d’une telle association devrait être clair, défendre les intérêts communs des clubs, porter leurs revendications et surtout créer un véritable rapport de force collectif avec les différentes instances du football.
Mais dans les faits, le constat est tout autre.

Chacun semble prêcher pour sa chapelle. Lorsqu’une situation ne concerne pas directement un club, certains préfèrent rester en retrait. Et lorsqu’elle devient avantageuse pour leur propre structure, ils n’hésitent plus à monter au créneau. Une attitude qui alimente une véritable culture de la versatilité dans la gestion des intérêts du football national.
Le problème est donc moins l’absence de revendications que l’absence d’une véritable solidarité entre les dirigeants.

Aujourd’hui, certains présidents prennent des initiatives collectives, mais se retrouvent parfois seuls au moment de les défendre. D’autres hésitent à assumer publiquement des positions pourtant discutées en groupe. Résultat, les démarches perdent en force, les revendications sont fragilisées et ceux qui osent parler au nom de tous peuvent rapidement se retrouver isolés.
Pourquoi cette division ?

Est-ce une question de stratégie ? De peur de représailles ? D’intérêts personnels ? Ou simplement d’un manque de confiance entre dirigeants ? Car dans un championnat professionnel, les clubs ne peuvent pas durablement avancer en ordre dispersé.
Il suffit parfois de convaincre ou de manipuler un ou deux dirigeants pour affaiblir une revendication qui, au départ, paraît pourtant légitime. Et lorsqu’un collectif n’est pas suffisamment soudé, il devient facile de diviser pour mieux régner.

Le football gabonais est aujourd’hui victime de ses propres contradictions.
Les clubs réclament davantage de moyens, de transparence, de respect des engagements et de meilleures conditions de travail. Mais pour être entendus, encore faut-il qu’ils soient capables de construire une position commune et surtout de la défendre jusqu’au bout.
Le véritable enjeu est donc là, passer d’une association de présidents à un véritable collectif de clubs.
Un collectif où les décisions ne seraient pas prises uniquement en fonction des intérêts individuels, mais dans l’intérêt général du football gabonais.
Car, au fond, une question mérite d’être posée, comment les clubs peuvent-ils exiger de la gouvernance, de la transparence et de la solidarité des autres acteurs du football, s’ils peinent eux-mêmes à faire preuve d’unité ?
Le temps est peut-être venu pour les présidents de clubs de dépasser les querelles de chapelle, de faire preuve de courage et surtout de comprendre une chose, seuls, les clubs peuvent protester.
Ensemble, ils peuvent réellement peser.

