Après la levée, le 12 janvier dernier, des mesures gouvernementales ayant suspendu la sélection nationale à la suite de sa débâcle à la CAN Maroc 2025, l’équipe nationale du Gabon est désormais à un tournant décisif. Éliminées dès la phase de poules, les Panthères avaient quitté la compétition sans le moindre point, terminant dernières du groupe F.


La succession de Thierry Mouyouma est donc officiellement lancée à travers l’appel à candidatures pour le recrutement du nouveau sélectionneur de l’équipe nationale masculine A, initié par la Fédération gabonaise de football (Fégafoot).

Faut-il encore faire confiance à un entraîneur local ?
C’est la question qui alimente aujourd’hui les débats et suscite de nombreux commentaires au sein de l’opinion publique. Au regard de l’échec enregistré par le staff dirigé par Thierry Mouyouma, notre rédaction est allée à la rencontre des amoureux du football gabonais pour recueillir leurs avis.
Pour Cyr Landry, le constat était prévisible :
« Pour nous qui suivons de très près notre équipe nationale, je disais déjà à un ami avant la CAN que nous n’irions pas loin. Les choix du staff ne me semblaient pas logiques : trop de copinage, trop de clientélisme. Aujourd’hui, la sélection a besoin d’un entraîneur expatrié pour éviter les frustrations et les conflits internes. »
Même son de cloche chez Yannick Aboghe, qui estime que les limites ont été atteintes :
« Le compatriote vient de montrer ses limites dans la gestion de l’équipe. Thierry Mouyouma a trop fait dans les règlements de comptes. Lorsqu’il n’aimait pas un club, il refusait de sélectionner ses joueurs pour des considérations inutiles. »
Pour Ismaël Moussounda, la question dépasse le simple cadre sportif :
« Un entraîneur local ne donne pas assez de visibilité à notre football. Le Gabon a besoin de se reconstruire. Pour cela, il faut un entraîneur expatrié avec une vraie carte de visite à l’international, aussi bien pour nos joueurs que pour l’image de notre football. »
Guy Pierre partage également cet avis, tout en rappelant les intentions initiales :
« Il est vrai que ce choix visait à faire confiance aux Gabonais. Mais au vu de ce que nous avons lu dans la presse — monnayage des sélections, tribalisme dans les choix — rien ne garantit que confier encore l’équipe à un compatriote changerait la donne. Ces comportements freinent la réussite des joueurs. Un expatrié, lui, n’a pas de parti pris : seul le talent et la régularité en club doivent compter. On pourrait d’ailleurs nommer un entraîneur étranger avec un adjoint gabonais, afin de permettre un transfert de compétences. »

Une décision attendue
Au regard de ces différents points de vue, il apparaît nécessaire pour les décideurs de prendre en considération ces préoccupations, jugées légitimes par une grande partie de l’opinion, afin d’éviter de retomber dans les mêmes travers.

Pour rappel, la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 26 janvier 2026 à 15 heures. Les dossiers doivent être adressés au président de la Fégafoot, sous pli fermé avec la mention « Confidentiel », par voie postale ou électronique auprès du secrétariat de la Fédération, précise l’instance.

