En attendant de disputer leur troisième et dernier match de la compétition face à la Côte d’Ivoire, l’élimination prématurée des Panthères du Gabon reste une pilule difficile à avaler.


Consultant de notre rédaction, Patrick Juillard analyse sans détour les raisons de cet échec et pointe la responsabilité du sélectionneur Thierry Mouyouma, qu’il estime avoir perdu le contrôle de son équipe.
Lesportif : Cette deuxième défaite des Panthères est-elle une surprise pour vous ?
Patrick Juillard : « Pas vraiment, malheureusement. Il est rapidement apparu que les Panthères manquaient d’équilibre et de repères collectifs. Le Mozambique a très vite identifié leurs failles et a su appuyer là où ça faisait mal, avec un jeu mobile et vertical. Malgré la possession, comme lors de la première journée, le Gabon s’est logiquement incliné face à un adversaire plus cohérent. »

Lesportif : Qu’est-ce qui a manqué à cette équipe du Gabon pour s’imposer ?
Patrick Juillard : « Beaucoup de choses. D’abord une défense plus solide et mieux coordonnée pour contenir les assauts des attaquants très vifs du Mozambique. Bruno Ecuele Manga n’est malheureusement plus le défenseur implacable qu’il a été ; le poids des années et l’éloignement du très haut niveau se sont fait sentir.
D’autres joueurs, habituellement en difficulté, comme Oyono, n’ont pas non plus livré une bonne prestation défensive. Je regrette également que le jeune Omfia n’ait pas été installé comme titulaire en charnière centrale après ses bonnes performances lors des éliminatoires de la Coupe du monde.
Le milieu de terrain a aussi souffert. Certains joueurs, notamment Guélor Kanga, sont apparus en net déclin. En attaque, Aubameyang avait à cœur de bien faire, mais l’expression collective trop hésitante ne lui a pas permis d’être bien servi. L’efficacité a été meilleure que face au Cameroun, mais insuffisante. »
Lesportif : Parlez-vous d’un échec collectif ou individuel pour Thierry Mouyouma ?
Patrick Juillard : « Les deux. L’échec est celui du sélectionneur. J’ai le sentiment qu’il a perdu le fil, alors qu’il avait pourtant réalisé un travail remarquable et trouvé une équipe type convaincante lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. L’échec est aussi collectif, pour toutes les raisons évoquées précédemment. »

Lesportif : Certains réclament la tête du sélectionneur. Êtes-vous de cet avis ?
Patrick Juillard : « Je ne me permettrais en aucun cas d’intervenir dans ce débat, qui appartient aux Gabonais et à eux seuls. J’ai toutefois remarqué une forme de fracture entre le sélectionneur et sa Fédération, avec l’apparition d’une communication “bicéphale” : d’un côté les médias de la Fégafoot, de l’autre la page officielle du coach. Cela brouille le message et ne respire pas l’unité indispensable à la réussite. »

