La réforme annoncée par le ministre des Sports Paul Ulrich Kessany marque un tournant historique pour le football gabonais. La fin progressive des subventions publiques oblige les clubs de National Foot 1 et 2 à repenser en profondeur leur modèle économique.


Un changement structurel inévitable
Depuis des années, la majorité des clubs gabonais fonctionnent grâce au soutien financier de l’État. Ce modèle, bien que protecteur, a freiné le développement de stratégies autonomes : recherche de sponsors privés, marketing, billetterie structurée, merchandising ou formation valorisée.
L’annonce du désengagement progressif impose désormais :
- Une professionnalisation accrue des dirigeants
- Une gestion financière transparente
- La diversification des sources de revenus
- Une meilleure structuration administrative
La décision, validée au plus haut niveau de l’État, laisse une période transitoire — le championnat sera encore financé cette saison — mais le compte à rebours est lancé.

Des clubs économiquement fragiles
Peu de formations disposent aujourd’hui :
- De partenariats privés solides
- D’une stratégie commerciale claire
- D’infrastructures génératrices de revenus
- D’une base de supporters exploitée économiquement
Sans réforme interne rapide, certains clubs risquent effectivement de disparaître ou d’être relégués faute de moyens.

Une gouvernance encore en ajustement
Le président de la Ligue nationale de football professionnel, Brice Mbika, a confirmé la tenue de la saison 2025-2026. Toutefois, l’absence de date officielle montre que l’organisation reste conditionnée à :
- La validation de la Fédération gabonaise de football
- L’aval de son président, Pierre Alain Mounguengui
- L’adaptation au nouveau cadre financier
Ce flou peut traduire soit des ajustements techniques, soit des incertitudes budgétaires.

Le cas sensible du football féminin
La gestion du championnat féminin soulève également des interrogations. Actuellement piloté par la Ligue nationale de football féminin, son avenir institutionnel pourrait évoluer :
- Maintien sous la Linaffem
- Intégration à la Linafp
- Retour sous gestion directe de la Fégafoot
Cette décision sera stratégique pour la structuration et la visibilité du football féminin.
Un test décisif pour le football gabonais
Cette réforme peut devenir :
- Une crise si les clubs ne s’adaptent pas
- Une opportunité si elle favorise professionnalisation et innovation
Les prochains mois seront déterminants. La survie des clubs dépendra de leur capacité à passer d’un modèle assisté à un modèle entrepreneurial.

La vraie question n’est plus de savoir si le changement aura lieu — il est déjà enclenché — mais si les structures actuelles sont prêtes à évoluer assez vite pour ne pas être dépassées
