Les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ Dakar 2026), prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026, approchent à grands pas. À un peu plus d’un an de ce rendez-vous historique pour l’Afrique, la question de la préparation des athlètes gabonais se pose avec acuité, tout comme celle des moyens financiers accordés aux fédérations sportives nationales.


Dakar 2026 : une exigence de performance clairement affichée
Lors des audiences accordées aux fédérations sportives nationales pour l’examen de leur fonctionnement, le ministre des Sports a clairement affiché ses attentes : le Gabon doit être prêt et compétitif pour les JOJ Dakar 2026. Cette exigence concerne particulièrement les fédérations de sports individuels et de combat, disciplines traditionnellement porteuses de médailles et appelées à jouer un rôle central dans la représentation du pays.

L’objectif est ambitieux, mais il suppose une préparation rigoureuse, structurée et continue des athlètes, fondée sur la compétition, l’encadrement technique et la planification à long terme.
Le manque de compétitions, un frein majeur à la préparation
Sur le terrain, le constat demeure préoccupant. Plusieurs fédérations de sports individuels et de combat peinent à organiser des compétitions régulières, des tournois ou des championnats nationaux. Cette situation est en grande partie liée à l’insuffisance, voire à l’absence, de soutien financier de l’État.
Or, sans compétitions, les athlètes manquent de rythme, de repères techniques et d’évaluations objectives. Une telle carence compromet sérieusement toute montée en puissance à l’approche d’un rendez-vous olympique aussi exigeant que les JOJ Dakar 2026.

Le judo, une exception qui confirme la règle
La Fédération Gabonaise de Judo fait figure d’exception. Depuis près de trois ans, elle fonctionne sans subvention de l’État, organisant compétitions et tournois sur fonds propres. Cette démarche témoigne d’un engagement remarquable, d’une résilience certaine et d’un profond attachement à l’intérêt national.
Cependant, cette autonomie financière, aussi admirable soit-elle, ne saurait constituer un modèle durable pour l’ensemble des fédérations, encore moins garantir la formation et la préparation optimale de l’élite sportive gabonaise, appelée à rivaliser sur la scène internationale.
La subvention, un levier indispensable pour atteindre le niveau requis
La question reste donc centrale : comment préparer efficacement des athlètes de haut niveau sans compétitions régulières et sans accompagnement financier structuré ? Dans cette perspective, le rétablissement des subventions aux fédérations apparaît comme un levier indispensable pour relancer les activités sportives, structurer les calendriers de compétitions et offrir une préparation crédible aux athlètes.

S’il est légitime d’exiger des résultats, de la bonne gouvernance et de la conformité administrative aux fédérations, il est tout aussi essentiel de mettre à leur disposition les moyens financiers nécessaires. Sans cela, les ambitions affichées risquent de se heurter à la réalité du terrain.
Des attentes fortes envers le nouveau ministre

L’espoir repose désormais sur la capacité du nouveau ministre des Sports à traduire cette ambition en actions concrètes, afin que le Gabon aborde Dakar 2026 avec des bases solides et des ambitions réalistes. Exiger la performance sans donner les moyens revient à entretenir des excuses pour des résultats insuffisants.
Le « fils de la ville des carpes » est désormais attendu dans les grands lacs de l’action et des décisions structurantes.

