Arrivé à Libreville vendredi dernier pour les finales de la 1ʳᵉ édition du JET FOOTBALL 2025, Fabrice Do Marcolino, ancien international gabonais et aujourd’hui agent recruteur pour un club de Ligue 1 française, a fait le point à l’issue de son séjour, accompagné de plusieurs collègues.


Ce séjour avait pour principal objectif d’assister aux finales du tournoi et de procéder à une détection de jeunes talents susceptibles d’intégrer, à moyen ou long terme, de grands clubs européens.
Lesportif : Fabrice Do Marcolino, bonjour. Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.
Comment s’est faite la sélection des recruteurs qui vous ont accompagné à Libreville ?
Fabrice Do Marcolino :
Écoutez, c’est moi qui ai été chargé de faire un choix, en m’appuyant sur mon réseau. C’est donc moi qui ai sélectionné ceux qui pouvaient venir ici. Vous savez que nous sommes aussi en début de saison en Europe, et que les recruteurs sont encore très sollicités par de grands événements, voire en vacances. Mais certains collègues m’ont fait confiance, ont tenu parole, et ont fait l’effort de venir. Je suis vraiment content et satisfait, car c’est la première fois que des recruteurs aussi renommés viennent sur notre territoire. C’est une avancée pour notre pays.
Quelle suite envisagez-vous pour cet événement ?

Déjà, il faut pérenniser le tournoi. Nos jeunes doivent être vus. C’est important que ce type d’événement devienne régulier. J’en appelle à mon ancien coéquipier en équipe nationale, Paul Kessany, qui est proche du Président de la République. Il faut pérenniser cette initiative, car on voit que la jeunesse est mobilisée, active, et surtout talentueuse. Elle ne demande qu’à être soutenue.

Le Chef de l’État a fait des efforts notables pour que cet événement ait lieu, et nous devons le remercier. Mais maintenant, il faut aller plus loin, notamment en organisant aussi des détections dans l’arrière-pays, car le talent gabonais ne se limite pas à Libreville. Le Gabon peut être aussi attractif que d’autres pays. Ça me fait mal de voir d’autres jeunes, d’autres nationalités percer à l’étranger alors que les nôtres en ont tout autant les capacités.
Parlons justement du talent. Y a-t-il des jeunes qui vous ont particulièrement impressionné ?

Oui, plusieurs jeunes ont marqué des points. Sincèrement. Mais nous sommes aussi soumis à la réglementation. La FIFA encadre strictement le recrutement des mineurs, et cela peut être très lourd de conséquences pour les clubs. Un club qui recrute illégalement un mineur peut être interdit de recrutement pendant plusieurs saisons. Ce sont des choses graves.
Des jeunes nous ont impressionnés, et je pense que mes collègues ont pris de bonnes notes. Cela veut dire qu’ils pourront revenir, qu’il y aura un suivi, et que le talent gabonais existe bel et bien. Mais il faut mettre en place des mécanismes adaptés. Par exemple, un garçon de 16 ans ne peut pas légalement partir à l’étranger. La règle est claire : un mineur étranger de moins de 18 ans ne peut pas être transféré sauf exception très encadrée.
Il faut donc travailler sur la structuration du marché local, pour permettre un suivi, un encadrement, et préparer les jeunes dans les meilleures conditions.


Quelle est la suite pour vous, personnellement ?
Là, je commence mes vacances, mais je vais en profiter pour creuser un peu plus sur les profils qui m’ont intéressé, notamment pour mon club, Lille. Je vais regarder avec leurs clubs locaux comment les accompagner, les suivre au quotidien, et envisager, à terme, un éventuel départ. Rien ne presse, mais le travail de fond commence dès maintenant.

